Les vraies habiletés sociales

Lorsque l’on se renseigne sur l’autisme, il est courant que l’on entende parler des « habiletés sociales » (en anglais, social skills). Qu’est-ce qui est entendu par habileté sociale ou compétence sociale ? Cela dépend de ce qui est valorisé socialement, évidemment. Et sans surprise, comme le validisme empreigne notre société, les habiletés sociales que possèdent les personnes neurodivergentes sont dévaluées.

J’aime énormément le site Real Social Skills, écrit par une personne autiste, Ruti Regan. Real Social Skills propose des articles sur le thème des habiletés sociales : « Appeler quelque chose facile ne rend pas cette chose facile« , par exemple.

Voici une traduction des premières lignes de la rubrique « FAQ » de Real Social Skills :

Pourquoi ce blog s’appelle-t-il « Les vraies habiletés sociales » ?

« Habiletés sociales » est souvent une insulte qui signifie « enseigner aux personnes handicapées à être vues et pas entendues ». Je me réapproprie cette insulte en prenant « habileté sociale » littéralement. Les habiletés sociales existent vraiment, et il ne s’agit pas de s’effacer dans l’arrière-plan. Les vraies habiletés sociales, c’est apprendre des manières efficaces et éthiques d’interagir avec autrui. Certaines de ces compétences nous permettent d’arrêter d’internaliser le validisme, la misogynie et les autres formes de déshumanisation.

La désobéissance est une habileté sociale

Comme l’indique la bannière de cet article, la désobéissance est une habileté sociale. Il y a bien des situations où il faut désobéir à une personne qui cherche à nous donner des ordres ou nous contrôler. En apprenant à un·e enfant à obéir en toutes circonstances (coucou les comportementalistes validistes), on ne lui donne pas les outils pour se défendre d’abus. En décourageant l’esprit critique face aux conventions sociales, on prépare un individu à accepter des aberrations et à avoir des relations pénibles avec autrui.

Expliciter

Un certain nombre d’habiletés sociales sont enseignées par l’exemple, implicitement, ce qui les rend difficile à apprivoiser pour certaines personnes neurodivergentes, qui auraient besoin d’un manuel explicite, que les choses soient verbalisées, expliquées.

Personnellement j’aurais aimé que l’on m’explique que j’avais des centres d’intérêts inhabituels pour mon âge et qu’infodumper mes petits camarades de CP sur Picasso, l’épidémie de peste noire ou les querelles de la dynastie des Ptolémée en Égypte ancienne risquait de m’isoler. J’aurais voulu que l’on m’explique les oppressions systémiques plus tôt, surtout celles que je ne subis pas de plein fouet.

J’aurais aussi apprécié que l’on me rassure que je n’avais pas à essayer de me conformer à des exigences genrées arbitraires et contradictoires si cela me faisait du mal, et que mon appréciation de moi-même était bien plus importante que l’avis d’inconnu·e·s qui me voyaient comme un bout de viande. Que me sacrifier systématiquement pour autrui en négligeant mes propres limites n’était pas une bonne chose à glorifier. J’aurais aimé savoir que l’hétérosexualité n’était pas obligatoire, quoiqu’en disent les conservateurices, et qu’il était possible d’être ni hétérosexuel·le ni homosexuel·le. J’aurais aimé que quelqu’un m’explique que la qualité la plus importante d’un·e partenaire sexuel·le est qu’iel accepte un « non » sans faire d’histoires. J’aurais aussi sûrement perdu beaucoup moins de temps en appliquant la règle des 300 secondes bien plus tôt (cf 3. de cet article). Beaucoup d’habiletés sociales féministes, en somme.

Adelphes neurodivergent·e·s, quelles habiletés sociales auriez-vous aimé que l’on vous enseigne explicitement ?

Entre adelphes

Lorsque l’on est une personne neurodivergente, on développe rapidement des complexes sur nos habiletés sociales. On se sent nul·le, on internalise ce que les personnes qui nous harcèlent disent de nous.

Fréquenter d’autres personnes neurodivergentes est souvent salvateur, et nous y développons nos compétences sociales de manière qui nous convient. Voici quelques unes des qualités que j’apprécie énormément chez mes proches :

  • ne pas attendre de chacun·e une énergie débordante en toutes circonstances, banaliser le fait d’avoir besoin de se reposer
  • me croire sur parole lorsque je dis quelque chose, ne pas imaginer des sous-entendus à chacune de mes phrases
  • la franchise
  • respecter mes besoins spécifiques sans s’en moquer ou les minimiser (tamiser la lumière, manger tel ou tel aliment, etc)
  • ne pas m’infantiliser ou me sous-estimer parce que je fais preuve d’un enthousiasme qui peut sembler enfantin
  • ne pas donner de conseils que je n’ai pas demandés

Quelles sont les habiletés sociales que vous trouvez précieuse, que vous appréciez chez vous-même ou chez vos proches ? Quelles compétences sociales aimeriez-vous développer ?

P.S. : J’aimerais traduire certaines articles de Real Social Skills. Si vous voudriez aider à la traduction, n’hésitez pas à me contacter !

P.P.S. : La bannière de couverture a été réalisée par le talentueux artiste autiste Isaac, ItsIsaacInk

L’autisme, un handicap ?

Des revendications décalées

Ce fil Twitter de Vivre Avec (dont je vous recommande vivement le travail, et que vous pouvez soutenir ici) explique pourquoi l’insistance de certaines personnes neurodivergentes à se distancier du terme « handicap » est gênante et illogique.

Le rejet en bloc du terme ‘handicap’ par beaucoup de personnes neuroatypiques me chiffonne vraiment, surtout quand l’explication avancée est que la neuroatypie n’est pas un handicap mais un fonctionnement différent de celui qui est accepté par la société, pour moi justement c’est ça la définition du handicap : un fonctionnement différent de celui admis par la société, qu’il soit psy*, cognitif, physique… Le handicap c’est social, c’est pas quelque chose d’acquis et de gravé dans les gènes : quand je suis en fauteuil, je suis handicapée parce que mon environnement n’est pas adapté, il n’y a pas de rampes, pas d’ascenseurs, forcément ça va moins bien fonctionner pour moi. Et quand d’autres personnes neuroatypiques m’expliquent qu’elles ne voient pas ça comme un handicap, j’ai l’impression qu’elles me renvoient à la figure qu’être handicapé·e est quelque chose de mal ou de honteux, et c’est assez violent. Après je ne les blâme pas elles, même si ça peut en donner l’impression (déso pour ça), je me doute bien que c’est parce que le terme handicap est si violemment utilisé par la majorité des gens pour désigner quelque chose qu’il faut « soigner » ou « éliminer » que pour certain·e·s la solution est de le rejeter en bloc. Mais perso c’est une réaction qui me fait beaucoup de mal, parce que j’ai l’impression qu’on pourrait s’entraider et en fait non… Dernier point : pour moi la différence entre le handicap et la maladie, c’est que la maladie on cherche à la soigner, et le handicap c’est l’environnement qui pose problème (manque d’accessibilité, d’adaptations, d’aides, de considération…) (& on est d’accord que la base du problème c’est le validisme qui a fait du handicap quelque chose d’horrible à éviter à tout prix)

Certaines personnes militent carrément pour que l’autisme soit reconnu comme une différence et non comme une situation de handicap, ce qui a le don de m’énerver (exemple concret : cette association).

Dépathologiser une condition c’est une chose, prétendre qu’elle ne constitue pas un handicap dans notre société validiste en est une autre ! Il faut être sacrément privilégié·e pour dire quelque chose d’aussi dangereux pour toutes les personnes autistes dont la survie et le bien-être dépend des aménagements alloués aux personnes en situations de handicap (RQTH, AAH, tiers-temps, emploi du temps aménagé, etc).

Des termes mal compris

Dans un contexte francophone, parler de handicap est difficile car le vocabulaire est assez restreint. En anglais, il y a différents termes utilisés : « disabled » qui pourrait se traduire littéralement comme « désactivé, désempouvoiré ». Pour « valides » il y a « able-bodied » et « abled » et ce sont deux choses distinctes. Ces nuances n’existent pas en français, regrettable. En anglais on distingue « impairment« , « handicap« , « disability« . En français c’est toujours le même mot. Cet article en anglais explique très bien ce problème. De plus, en France les termes « en situation de handicap » sont utilisés en français sans que cela s’assortisse d’une réflexion sur ce qui peut être fait collectivement pour que la situation soit différente. C’est souvent considéré comme la formulation « politiquement correcte », mais le traitement des personnes handicapées n’est pas automatiquement plus respectueux pour autant.

Le modèle social du handicap méconnu

Trop peu de personnes ont entendu parler du modèle social du handicap. Voici, pour rappel, quelques ressources à ce sujet :

Légitime à se dire handicapé·e ?

J’ai souvent entendu des personnes autistes expliquer qu’elles ne se désignaient pas comme handicapées alors que leur quotidien correspondait à la définition que l’on en fait, et cela par sentiment d’illégitimité, surtout vis-à-vis de personnes autistes qui sont également malades chroniques. Nombre de personnes neurodivergentes ont un diagnostic officiel et pourtant, ne savent pas qu’elles ont des droits en tant que personne handicapée, que leur refuser des aménagements est illégal par exemple…

Alors, que ce soit clair, il n’y a pas besoin d’attendre de morfler H24, 7j/7, pour être handicapé·e et pour se revendiquer handicapé·e. Et c’est le lot de la plupart des personnes ayant des conditions chroniques (même des maladies incurables) de douter à cause d’une période d’accalmie, et de se dire « Je ne suis pas légitime, j’arrive à faire des choses, je ne vais pas si mal, je prends la place de personnes qui souffrent davantage ».

Le handicap n’est pas juste une question de ressenti individuel, c’est une condition d’oppression systémique. C’est tout à fait « normal » d’avoir ce genre de doutes… Mais le fait d’avoir une bonne journée ne fait pas disparaître le validisme ni l’ensemble des symptômes que l’on peut avoir sur la durée.

Être handicapé·e, ce n’est pas, comme semblent le penser un grand nombre des personnes valides, « ne pouvoir rien faire » ou « avoir besoin d’assistance 24h/24 ». Être handicapé·e c’est vivre dans un monde qui nous exclue parce que nos capacités sont différentes.

Si notre société était conçue de manière profondément excluante des personnes myopes, que se procurer des lunettes de vue était si coûteux que cela pouvait prendre 4 à 5 ans, qu’obtenir des aménagements nécessitait des démarches humiliantes, que la plupart des panneaux n’étaient pas lisibles pour les personnes myopes malgré la difficulté de se procurer des limites, que l’on soupçonnait toute personne myope qui se déclare myope de mentir pour avoir des « avantages »… La myopie serait considérée comme une situation de  handicap, à raison.

Des euphémismes

Le terme « non-valide » est parfois utilisé par certaines personnes ; des personnes valides mais aussi des personnes qui se rendent bien compte qu’elles ne sont pas valides mais hésitent à adopter le terme « handicapé·e ». Vivre Avec vient de publier une vidéo à ce sujet que je vous recommande vivement : « Je déteste le terme non-valide » (sous-titres FR disponibles).

Moi non plus je n’aime pas du tout ce terme qui centre l’expérience valide une fois de plus. Il peut être délicat de s’approprier « handicapé·e » car c’est un terme stigmatisé et que l’on réserve souvent aux personnes circulant en fauteuil. Beaucoup de personnes valides semblent étonnées que nous nous disions handicapé·e·s sans honte. L’utilisation de la locution « en situation de handicap » est intéressante pour souligner la dimension contextuelle du handicap, mais elle est finalement souvent utilisée pour éviter « handicapé·e », comme si c’était une insulte.

Prendre en compte la diversité des vécus handi

Cela étant dit, la prudence est de mise lorsque l’on parle en tant que personne handicapée sur le sujet du handicap : je vous recommande de garder à l’esprit qu’il n’y a pas UN vécu handi, mais une multitude. Il y a des revendications communes et des vécus communs, mais ce n’est pas parce que l’on est autiste que l’on sait ce que c’est d’être paraplégique, et vice-versa. Je vous encourage à être tout particulièrement attentif·ves à cela, et ici comme ailleurs à appliquer l’adage « Stay in your lane » : ne pas parler à la place des concerné·e·s. C’est important de se rappeler que d’autres personnes autistes (ou autrement handi) vivent très différemment de soi, que partager un diagnostic ne signifie pas que l’on a le même quotidien. Beaucoup d’autres aspects peuvent influer sur nos expériences du handicap (les moyens financiers que l’on a, si l’on subit le racisme ou le sexisme, l’homophobie ou la transphobie, entre autres).

Le scripting

Le scripting est une notion quelque peu méconnue.

CutieWhales, une personne autiste et créatrice de stim-toys, a écrit un très chouette article dessus récemment intitulé « Scripting, Anxiété Sociale et Autisme« , que je vous recommande vivement !

L’article que je vous propose aujourd’hui s’inspire très directement d’une vidéo d’Amythest Schaber, que vous pouvez visionner ci-dessous. Le passage « citation » plus loin dans l’article est directement tiré des sous-titres, sans modification.

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Cousin·e·s autistes

Il y d’âpres débats sur la légitimité des personnes en attente de diagnostic officiel d’autisme à prendre la parole en tant que personnes autistes, ainsi que des discussions animées sur la place des personnes neurodivergentes allistes au sein de la neurodiversité et de la lutte pour nos droits. Il y a beaucoup à dire sur ces sujets, et j’y consacrerai probablement d’autres articles. Souvent, ces discussions m’évoquent le terme de « cousin·e » et son utilité potentielle.

Le texte ci-dessous est la traduction d’un article écrit par Mel Baggs sur les termes autistic cousins. Le texte original peut être lu ici.

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Autisme et terminologie

Vous êtes confus·e sur le vocabulaire à utiliser pour parler d’autisme et des personnes autistes de manière respectueuse ? Ce n’est pas étonnant. Tout le monde n’a pas les mêmes recommandations à ce sujet, il y a des divergences d’opinion.

Ce tableau récapitulatif présente une base intéressante des terminologies recommandées, et celles qu’il vaut mieux éviter :

Ce tableau vient d’un article d’AutCréatifs très complet, « Raconter l’autisme autrement » dont je recommande vivement la lecture (article disponible en format PDF ici).

Je dois préciser que toutes les personnes autistes ne suivent pas forcément les recommandations de ce tableau. Un grand nombre d’entre nous favorisent une approche dépathologisante de l’autisme et préfèrent utiliser un vocabulaire qui n’est pas médical, mais ce n’est pas le cas de tout le monde (ou pas dans toutes les circonstances). Personnellement, je trouve que ce tableau est un bon topo.

Ces recommandations n’ont nullement pour but de juger les personnes autistes qui utilisent « TSA », par exemple, ni les personnes qui préfèrent se désigner comme une « personne avec autisme », même si ce ne sont pas mes choix personnels.

En revanche, si vous utilisez les termes « haut niveau » et « bas niveau » je vous encourage vivement à vous remettre en question. Les problèmes que posent ces qualificatifs ont été explicités à maintes reprises : voir cet article en deux parties de script autistic, et celui-ci par Finn Gardiner.

Quelques autres précisions par rapport au vocabulaire utilisé lorsque l’on parle d’autisme :

  • « neurotypique » n’est pas, pour moi, synonyme de « non autiste » ; pour signifier « non autiste », j’utilise alliste — ceci évite beaucoup de malentendus
  • ni « alliste » ni « neurotypique » ne sont synonymes de « valide » ; on peut être alliste et/ou neurotypique et en situation de handicap par ailleurs, les utiliser de manière interchangeable est donc dommageable
  • le fait d’être autiste ne nous éclaire pas comme par magie sur tous les autres vécus de personnes handicapées ; la prudence est de rigueur si l’on se prononce sur quelque chose que l’on ne vit pas soi-même

J’ai écrit un autre article il y a quelques temps pour partager mes réflexions et connaissances sur l’usage de « neuroatypique » et « neurotypique » : https://dcaius.fr/blog/2018/05/28/point-vocabulaire/

Cet autre article donne quelques définitions basiques de certains termes couramment utilisés pour parler d’autisme et de neurodivergence en général : https://dcaius.fr/blog/2017/06/30/quelques-definitions-autour-de-la-neurodivergence/

Si vous avez des questions sur l’usage de certains termes, que quelque chose mériterait clarification ou développement, n’hésitez pas à me le signaler !

Masterpost autisme

Un masterpost est une collection de liens vers des ressources sur un même thème ; celui-ci sur l’autisme par Amythest Schaber m’a été d’une grande aide pour accéder à des informations de qualité sur l’autisme. Je n’ai pas trouvé d’équivalent francophone, alors j’en propose un, pour quiconque est en quête d’informations sur l’autisme et se demande par où commencer.

Cette liste comporte des contenus originaux produits par des personnes francophones, ainsi que des traductions en français de productions anglophones. Par défaut, les vidéos proposées sont en français sous-titrées français, sauf mention du contraire.

Bien entendu je ne prétends pas à l’exhaustivité avec cette liste, et si vous élaborez un masterpost similaire qui serait complémentaire, n’hésitez pas à me contacter pour que je l’ajoute en fin d’article. Par ailleurs, il est fort probable que ce masterpost s’étoffe avec le temps, j’essayerai de l’actualiser régulièrement.

Qu’est-ce que l’autisme ?

Liste de traits autistiques non-pathologisante (PDF)
Demande à une autiste #23 – Qu’est-ce que l’autisme ? https://youtu.be/Vju1EbVVgP8 (vidéo en anglais avec sous-titres FR)
Questions Fréquemment Posées par Lydia X. Z. Brown

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Autisme : questions fréquemment posées

Voici une traduction de l’Autism FAQ de Autistic Hoya (aka Lydia X. Z. Brown), activiste autiste américain·e, publiée en 2011-2012. Un grand merci à La Girafe pour ce titanesque travail de traduction ! L’image ci-dessus est la bannière de Autistic Hoya — j’avais peu d’inspiration pour une illustration.

Cet article est disponible au format PDF ici.


Sur cette page, vous trouverez un bref aperçu de réponses à des questions fréquemment posées sur l’autisme à ceux qui sont nouveaux·elles dans la communauté autour de l’autisme, ou qui ont envie d’en apprendre davantage sur qui nous sommes. Voici la liste de ces questions. Vous pouvez utiliser CTRL+F ou parcourir l’article pour trouver celle que vous voulez lire. La dernière question donne une liste de ressources en ligne ainsi qu’imprimées qui pourraient vous être utiles. L’inclusion d’un site dans cette liste n’implique pas de promotion, d’accord ou de soutien de quelque manière que ce soit.

1. Qu’est-ce que l’autisme ?
2. Qu’est-ce que le spectre autistique ?
3. Qu’est-ce que le syndrome d’Asperger ?
4. Que sont les difficultés sensorielles ?
5. Les personnes autistes ont-elles de l’empathie ?
6. Qui a découvert l’autisme ?
7. Qu’est-ce qui cause l’autisme ?
8. Y a-t-il un remède à l’autisme ?
9. Quels traitements, thérapies, ou interventions sont disponibles pour les enfants et adultes autistes ?
10. Quelles aides ou adaptations sont souvent requises ou reçues à l’école par les élèves autistes ?


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Qu’est-ce que le stimming ?

J’avais fourni une brève définition du stimming ici. Cet article a pour but d’approfondir avec une définition un peu plus élaborée du stimming. Plusieurs articles anglophones ont été utilisés, traduits avec l’aide d’autres personnes autistes, notamment cet article par Autisticality.

Stimming est un mot anglais qui vient de « self-stimulating » (auto-stimulation).

Si le sujet du stimming vous intrigue mais que vous préférez le format vidéo, je vous recommande de visionner celle ci-dessous ; en français, avec sous-titres, 10 minutes environ.

Cette autre vidéo développe comment (ré)apprendre à stimmer.

Je recommande également les articles francophones suivants sur le sujet : Stimming et Neuroatypie de CutieWhales, Merveille des sens ou éloge du stimming par La Girafe.

Si vous souhaitez vous procurer des stim-toys (des objets conçus spécifiquement pour stimmer), Stimtastic est une boutique américaine gérée par des personnes autistes. La boutique française Hoptoys a un certain choix. Et voici quelques producteurices indépendant·e·s implanté·e·s en France (n’hésitez pas à me contacter pour que je vous ajoute à cette liste si vous produisez des stim-toys !) :

Par ailleurs, Calvin Arium tient un blog de reviews et conseils sur les stim-toys en français ! Vous pouvez le consulter ici.

Sur Twitter, le hashtag #StimLV1 a été lancé pour partager des vidéos, photos, anecdotes autour du stimming.

Il y aurait beaucoup d’autres choses à dire sur le sujet, mais je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, j’y reviendrai peut-être dans d’autres articles.

Maintenant, place à la traduction :

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La diversité du spectre autistique

Aujourd’hui débute le mois de l’acceptation de l’autisme (#AutismAcceptanceMonth), et j’aimerais vous parler à cette occasion de la diversité du spectre autistique. Tous les êtres humains se retrouvent un jour ou l’autre embêtés par des stéréotypes, des idées reçues, des clichés concernant l’une ou l’autre des catégories sociales auxquelles iels appartiennent. Les personnes autistes n’y font pas exception. Il y a des stéréotypes associés à l’autisme.

Ces stéréotypes ont malheureusement été entérinés par plusieurs soignant·e·s en charge de l’accompagnement de personnes autistes. Par exemple, Leo Kanner a établi le diagnostic d’autisme infantile avec des critères arbitraires, considérant qu’il était impossible qu’un enfant soit autiste et épileptique, ou encore qu’un enfant autiste devait avoir la peau pâle et être beau (!). Plus récemment, la théorie neurosexiste de Simon Baron-Cohen selon laquelle l’autisme dénoterait un « cerveau masculin extrême », a renforcé le phénomène de sous-diagnostic des femmes autistes durant des années.

Les personnes autistes sont souvent associées au cliché du savant scientifique — et certaines personnes autistes sont bel et bien des scientifiques savant·e·s, ce qui pose problème, c’est que l’on cantonne toutes les personnes autistes à cela, que l’on remette en question systématiquement le diagnostic de quelqu’un qui diffère de ce stéréotype.

Il existe des personnes autistes malades chroniques ; Amythest Schaber, Beth Wilson, Dusting Off Dusty, invisible i, Jamie Hale, Kristin DeMarco Wagner

Il existe des personnes autistes comédien·ne·s, acteurices, performers de stand-up ; Hannah Gadsby, Anthony Hopkins, Daryl Hannah, George Steeves, Adam Schwartz

Il existe des personnes autistes racisées (vous vous dites peut-être « bien sûr enfin, pourquoi le préciser ? », mais Kanner prétendait que les enfants autistes étaient forcément blancs et pâles…) : Morénike Giwa Onaiwu, Phinn Gardiner, Timotheus « T.J. » Gordon, Jr., Lisa J. Ellwood, Lydia X. Z. Brown, Let Me Brea

Il existe des personnes autistes qui n’oralisent pas (que l’on appelle souvent « non-verbales« ) et s’expriment autrement ; Babouillec, Amy Sequenzia, David James Savarese, Philip Reyes

Il existe des personnes autistes trans ; Lucas Scheelk, Evil Autie, Aaron Ansuini, Samantha Hack, Elizabeth Graham, Remrov, Maxfield Sparrow, Casper de « Flappy Hands and Stims!« , Evan Mark, , Devin S. Turk

Il existe des personnes autistes qui ne sont pas portées sur la technologie ou les mathématiques mais plutôt sur la littérature, la linguistique ou les sciences sociales (et d’autres encore se passionnent pour tout cela à la fois !), des personnes autistes qui aiment danser, des personnes autistes qui se teignent les cheveux de toutes les couleurs, des personnes autistes qui parlent beaucoup, des personnes autistes bègues, des personnes autistes tatouées, des personnes autistes discrètes…

Bref, vous l’aurez compris, les personnes autistes ne sont pas un monolithe. Le diagnostic d’autisme n’est pas assorti d’un certain type physique, d’une seule manière de s’habiller ou de se mouvoir, d’une seule mouvance politique ou d’une seule couleur préférée.

Pour illustrer cet article, Calvin Arium m’a permet d’utiliser les portraits qu’il a fait de quelques un·e·s de ses ami·e·s autistes.

Je suis la personne qui flappe joyeusement avec le pull gris sur lequel est inscrit « Cure Ableism ». Parmi les autres fabuleuses personnes représentées se trouvent GwennSEA, Pha, LeChaptor, Saule, et bien sûr Calvin, le dessinateur !

[Nota bene : les illustrations pré-datent l’article, et représentent des personnes existantes. Bien entendu elles n’ont pas la prétention d’illustrer la diversité réelle de la population autiste, ni même d’essayer, puisque ce n’est pas une commande faite pour illustrer l’article, mais des illustrations que j’aime bien et que Calvin m’a gracieusement permis d’utiliser.]

dessin par Calvin Arium de quatres personnes autistes

S’il y a une personne autiste que je n’ai pas citée dont vous appréciez beaucoup l’existence et le travail, n’hésitez pas à le dire dans les commentaires, que l’on puisse les découvrir !

#AvrilArtAutiste

Le mois d’avril approche, et c’est le mois de l’acceptation de l’autisme ! Vous connaissez sans doute l’initiative Inktober, un calendrier de suggestions créatives qui a lieu chaque mois d’octobre. Une personne autiste anglophone a lancé une initiative similaire à celle-ci, #AutPrompts, à l’occasion du mois de l’acceptation de l’autisme. J’en ai fait une version francophone — la plupart des suggestions sont de simples traductions, mais pas toutes.

Adelphes autistes, n’hésitez donc pas à poster vos créations avec les hashtags #AvrilArtAutiste et #AvrilAcceptationAutisme ! Cela peut être des dessins mais aussi des textes, poèmes, vidéos, chansons, podcasts…

#AvrilArtAutiste 1. Encouragement, 2. Stim, 3. Infodump, 4. Saturation, 5. Texture, 6. Amitié, 7. Pression, 8. Perspective, 9. Masque, 10. Jouets, 11. Sécurité, 12. Euphorie, 13. Passion, 14. Peur, 15. Paillettes, 16. Communiquer, 17. Revendiquer, 18. Epuisement, 19. Créativité, 20. Bruit, 21. Bonus, 22. Animaux, 23. Rituel, 24. Seul·e, 25. Mouvement, 26. Musique, 27. Ordre, 28. Repos, 29. Joie, 30. Acceptation #AvrilAcceptationAutisme
  • Jour 1 : Encouragement
  • Jour 2 : Stim
  • Jour 3 : Infodump
  • Jour 4 : Saturation
  • Jour 5 : Texture
  • Jour 6 : Amitié
  • Jour 7 : Pression
  • Jour 8 : Perspective
  • Jour 9 : Masque
  • Jour 10 : Jouets
  • Jour 11 : Sécurité
  • Jour 12 : Euphorie
  • Jour 13 : Passion
  • Jour 14 : Peur
  • Jour 15 : Paillettes
  • Jour 16 : Communiquer
  • Jour 17 : Revendiquer
  • Jour 18 : Epuisement
  • Jour 19 : Créativité
  • Jour 20 : Bruit
  • Jour 21 : Bonus
  • Jour 22 : Animaux
  • Jour 23 : Rituel
  • Jour 24 : Seul·e
  • Jour 25 : Mouvement
  • Jour 26 : Musique
  • Jour 27 : Ordre
  • Jour 28 : Repos
  • Jour 29 : Joie
  • Jour 30 : Acceptation

Bien sûr, si vous le souhaitez, vous pouvez établir votre propre liste de suggestions ; auquel cas n’hésitez pas à me la transmettre pour que je la relaye. Hâte de voir vos créations !

Edit : RebbyCraft me signale en commentaire une initiative similaire qui s’appelle DrawTistic ! Vous pouvez voir les détails ici.